Accueil Date de création : 03/01/08 Dernière mise à jour : 07/04/08 21:52 / 39 articles publiés
 
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Article 6°  posté le samedi 05 janvier 2008 17:34

La pluie continue de  tomber  à flots. Je  continue  de  sourire  dans  le  noir, m’approchant lentement et  sans  craintes de  ma  voiture garée  au bas de  l’immeuble.

Le vent me fait vaciller mais je ne m’en rend  même pas  compte, des  objets  volent  autour de  moi, je ne les  remarque  que  trop peu. Comme l’on ne prêterait aucune attention aux esprits perdus des enfers, ils  volent  autour  de  moi comme  une  couronne  maudite. Comme  s’ils  savaient ce  que je compte faire, comme  s’ils  avaient deviné ce qui allait se passer, ce qui commence  seulement.

Mes cheveux s’enroulent autour de mes bras puis s’en détachent pour aller s’écraser  sur  ma  poitrine, cloués là par  la  pluie et le vent. J’entends des  cris au loin, des  tuiles tombent des  toits  pour  aller s’écraser sur les trottoirs détrempés.

Je  pose  la  main sur  la  poignée, et  l’autre  sur  le  métal froid avant d’ouvrir la porte, l’eau ruisselle et pénètre dans l’habitacle où je prend place sans  m’inquiéter de la vision plus  que  réduite  que  j’ai de  la  route. Mon esprit  s’envole vers  de  sombres  desseins tandis  que  je  met en route  ma bête. Allez  savoir laquelle  à présent.

Les  rues  défilent et  j’arrive  enfin chez  mon homme. Mon amour. Un sourire  glacé  orne  mes  lèvres tandis  qu’un éclair révèle à mes  yeux la  porte  défoncée par un arbre tombé.

Je  l’enjambe  presque  gaiement, je  suis  si bien sous  cette  tempête… Elle m’accompagne et m’habite, une  amie  en quelques sortes. Tous  ces éléments  déchaînés comme  ceux  qui sont  en moi en ce moment, mes  sens  semblent  exacerbés, un bruit  sourd retentit derrière moi, je  m’immobilise et ferme  les  yeux.

Une  tuile. Ma voiture. Tant pis. Je  reprends  ma  route  sans un regard  en arrière.

Je sais  ce  qu’il s’est passé, pourquoi courir devant un acte déjà achevé, pour  le constater alors  qu’on l’avait déjà accepté.

 

Mes  talons  hauts claquent  sur le  sol tandis que  je  monte tranquillement les escaliers, sans  me  presser, d’une  démarche altière et  souveraine. Je  ne  me  suis  jamais  sentie  aussi femme  qu’en ce  moment.

La  colère est couverte par l’euphorie du moment, cette  chaleur, cette  tempête, cette  nouvelle  vie  qui s’annonce.

Je  soulève  le  pot  de  fleur  devant  sa  porte et  murmure  entre  mes dents « crétin ». Ca  veut  jouer  l’homme moderne mais  ça  a  la  même planque merdique que celle de sa grand-mère…

J’ôte mes escarpins et  ouvre  la  porte, puis m’avance  à l’intérieur de l’appartement. Personne semble-il. Je pousse la porte de la chambre  à coucher entre ouverte. Deux  corps allongés dans le lit, s’ils  dorment  déjà à cette  heure ci… Je  ferme  les  yeux, la  colère  me  submerge.

Comment  ose-il coucher avec  une femme  sans  le  moindre remords pour celle  qu’il a  trompé puis lâchée ? Je  m’avance vers  lui, la lame miroitant comme un miroir sous un rayon de  lune.

Tout  est gris autour de moi, je m’immobilise à hauteur de son visage et  le  contemple une dernière fois. Ah mon ange, si tu n’avais pas été mauvais nous aurions pu être  heureux ensemble, tous  les  deux. Nous  aurions pu vivre ensemble…

Mais  toi mon ange, tu es  presque mort. J’entends déjà ton agonie  dans  ce  souffle  si régulier… Vous  formez un bien piètre portrait toi et  ta  pute… Même pas jolie. Tous deux  tournés dans une direction opposée, quel couple.

Je rit silencieusement, puis  me  baisse lentement vers  toi, ô mon ange. As  tu entendu parler du baiser de la mort ? Mes  lèvres trempées  entrent en contact avec  les  tiennes.

En quelques  secondes  tu réponds  à mon baiser. Une  larme, une  dernière, coule sur  ma  joue et  tombe  sur  ton visage.

Tu ouvres  les  yeux et  me  fixe.

Une dernière fois.

 

La  lame glisse sur ton cou, le sang coule et tu sursautes, je garde mes  lèvres scellées aux tiennes et  appuie ma main sur  ton torse  pour  t’empêcher de trop bouger.

Il ne  faudrait pas réveiller  la  princesse. Plus  que quelques secondes  mon amour, tu seras  libre. Je  te  sens te  détendre, tu as  été  sage  mon amour. Je contourne le lit, me penche au dessus de ta princesse, de  ta  catin, et  plonge mes  mains dans  ton sang avant de lui étaler sur le visage en douceur. Comme  l’on étalerait de la  crème.

Je la sens bouger dans son sommeil, je souris. Quel beau réveil elle  aura demain. Je  me  r’avance vers toi et  décide de pousser le vice. Tu es coupable, mais  elle  est complice.

La  lame s’appuie  sur  l’une  de tes phalanges, le cartilage grince  légèrement puis cède, je me penche  à nouveau vers Elle, le sang se répandant dans le lit semble la déranger, elle se retourne sans aucune grâce, ouvrant la  bouche  pour  mieux  respirer. Je  ris encore, tu me  facilites la tâche petite  conne.

Je m’agenouille et glisse la chair de  notre  amant entre ses lèvres avant d’essuyer grossièrement le couteau dans  les draps et de le glisser entre ses mains. Je sais bien qu’aucun flic ne se laissera avoir par ces feintes mais  ça  m’amuse tout de même.

 

Un dernier  regard en arrière.

Tu as  les yeux grands  ouverts  mon amour. Je suis  la  dernière  que  tu aies vue. La dernière qui t’a touché.

 

 

Je te l’avais  dit, même  mauvais, tu es  à moi.

 

 

(pas de  musique  cette  fois ci, celle  que  j'écoute est beaucoup beaucoup trop festive pour l'occasion xD jdis  avoir un problème psychologique)

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Article 7° (réecrite)  posté le lundi 07 janvier 2008 12:50

                      Un lendemain difficile et douloureux, je n’ai jamais dormis dans une position aussi inconfortable. Je me suis réveillé parmi les premiers et je suis rentré chez moi sans encombres. A peine la porte du grand immeuble ouverte, j’ai cru que c’était la fin du monde, la route était couverte de feuilles d’arbres, de détritus et certains arbres avaient détruit le vieux goudron. Les équipes étaient déjà sur place pour déblayer le terrain, c’est déjà ça. Une nuit de terreur, le ciel était encore sombre les nuages flottaient au dessus de la ville tel des prédateurs prêts à l’assaut,  un animal qu’on aurai ligoté pour le moment qui se serai calmé, espérons que cette foutue tempête n’ai pas fait de victime.

Je rentre dans ma voiture, calme, épuisé certes ! Mais calme car le silence matinal de New York à enfin repris ce qui n’est pas plus mal ,je préfère le son des pots échappement aux crix d’hystérie d'une trentaines de personnes en panique.

Des fois je regrette d’être flic.

Je roule tranquillement, pas trop de difficulté par rapport à l’état des rues actuellement, je sors de la ville pour me plonger dans la banlieue, là où les petits quartiers résidentiels dorment encore tranquillement. J’arrive devant cette maison qui ressemblent à toutes les autres et m’empresse de prendre une douche et de m’habiller pour le boulot ; je ne m’arrête jamais c’est une règle d’or quand on est dans les autorités locales. De toute manière j’ai rien à faire d’autre.

- Du nouveau ?

A peine rentré au commissariat je vois tout le monde somnoler sur le téléphone et les papiers.

- Charlie ! Je crie en tapant sur la table

Le pauvre homme sursaute ne m’ayant pas vu toute suite, et commence à farfouiller dans ses papiers avec ses petites lunettes rondes, ses doigts boudinés vont de plus en plus vite, la peur que je m’énerve les fait suer, ce porcinet à toujours été aussi stress à ma vue allez savoir pourquoi.

- Te-tenez, dit il en me tendant un dossier

- Merci, dis je calmement

Lui arrachant presque le dossier des mains, je m’avance sans regarder connaissant le chemin par cœur, ouvrant le dossier, je regarde les photos d’un œil neutre. Une véritable tuerie une personne égorgé durant la nuit étonnant qu’on aie dès maintenant le dossier prêt ça veut dire que quelqu’un à prévenu assez rapidement les autorités. Je n’arrive pas à distinguer le visage, la carotide bien en avant montre que la victime a essayé de crier mais aucun son n’a put sortir, les cordes vocales étaient les premières sectionnées.

Un coup assez courant, le tueur n’a aucune technique, aucune idée de comment procédé ce n’était nullement préparé sûrement une vengeance ou un règlement de compte. Je regarde les autres photos et remarque que la personne est sur un lit au draps rouges imprégnés complètement du sang qui a coulé tranquillement sans agitation, dans son sommeil alors. J’attrape le rapport de police et commence à le lire assis sur mon fauteuil sentant le vieux cuir, ce qui accentue le côté puant de cette affaire très courante.

Apparemment, le corps a été retrouvé ce matin très tôt par la compagne de la victime, un homme dans la vingtaine tué dans les alentours de minuit par une arme blanche. Couteau qu’on trouve dans tous les super marchés. Seulement égorgé, la femme s’est réveillée dans un bain de sang avec un doigt de la victime dans la bouche, son cri suraigu à du alerter le voisinage. Le couteau a été séché sur les draps d’une manière assez grossière et rageuse ce qui montre que la personne était vraiment en colère, une colère tellement canalisée qu’elle ne s’est satisfaite que d’une profonde coupure à la gorge.

Un meurtrier patient c’est rare, on peut aussi imaginer que le meurtrier à pris tout son temps pour tuer sa victime, dans ce cas là sa colère est passée dans la cruauté de l’acte. Enfin, le couteau retrouvé dans les mains de la femme montre peut être une piste, cela dit il est assez difficile de dire que sa petite amie est un suspect vu que le sang qui se trouvait dans sa bouche avait déjà coagulé. N’écartons aucunes piste elle passera à l’interrogatoire de toute manière.

- Inspecteur on a besoin de vous à la morgue, dit ma secrétaire en entrant

- Allez chercher le dossier d’autopsie pour moi vous voulez, dis je intrigué par cette affaire

- Ce n’est pas pour le dossier monsieur c’est pour une identification.

- Comment ça une identification ?

- Il veulent que vous vérifier l’identité du corps.

- Je sais ce que c’est une identification merci !

- Monsieur ne vous énervez pas sur moi…, dit elle en rougissant

- Pardon, dis je gêné, je suis désolé je suis un peu à bout ces jours ci.

- Je comprends monsieur, dit elle avec un grand sourire

Je lui sourit chaleureusement, ma secrétaire est peut être la seule femme que je connaisse étant sérieuse et tendre, rare elles sont en ce moment.

- Lucie ! Qui dois je identifier ?

- Un certain Jim Lorans.

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Article 8°  posté le jeudi 10 janvier 2008 00:57

Je me lève vers midi.

Ne  croyez pas  que  me  lève de  mon lit, et que  j’ai dormis comme  une enfant bien heureuse. Je  me lève de  ma  terrasse sur laquelle j’ai passé le restant de la nuit après mon retour de  chez MON homme.

De  toute  manière  à présent  plus  personne  n’en voudrait. Donc il est à moi, je doute  que  quiconque ose me dire le contraire.

 

La  pluie  a  continué de tomber  jusqu’environ six  heures du matin, la ville s’est dégagée de son aura grisâtre et  a  laissé  place  à un silence de  mort. C’est le  cas  de  le  dire.

Je  ris silencieusement avant de  laisser  place  aux  doutes. J’ai tué  un être  humain. J’ai tué  l’homme que  j’aimais.

 

Le  soleil se  lève  doucement dans le ciel, laissant  apparaître aux yeux de tous, une ville  dévastée par les vents et la pluie. Je suis  son identique.

Accroupie sur  un coin de la terrasse les  cheveux humides, méchés en paquets, emmêlés au maximum, tombant sur mon visage comme un voile de deuil d’une  veuve éplorée.

Cependant la veuve a un sourire tendu aux  lèvres, une  veuve sombre, une  veuve sombrement heureuse. Mon homme  est mort, mon homme est mort et  je  suis sauvée. Toutes  les femmes à qui il aurait  pu briser le cœur sont sauvées. Si cela  se trouve, j’ai sauvé des  vies, la  mienne  en premier.

Le  soleil éclaire  ma  peau blanche, un rayon glisse sur l’un de  mes iris, illuminant mon regard, brandissant une ribambelle de couleurs et de surfaces différentes, je le sens le caresser la peau, le  visage  entre mes  cheveux. Il réchauffe  mes  bras glacés par la nuit. Mes  jambes  nues  reposent dans  la  flaque d’eau de  pluie  qui s’est formée sur le sol, des feuilles  mortes  se  collent à ma  peau, éclairées par le  miroitement de l’eau révélant chaque couleur et la faisant étinceler.

Ma  petite  robe  noire toute  plissée  est bonne  à jeter, abîmée de  partout  après m’être étalée dans les escaliers…

Doucement  j’entends la  ville reprendre  son souffle  et  recommencer  à vivre. Une  tempête essuyée, un mort  découvert, la  vie continue  son cours. Les  sirènes d’ambulances ou de  police commencent  à me donner une sérieuse migraine, et je me lève enfin.

En pénétrant dans l’appartement je jette  un coup d’œil à l’horloge, midi. Je me dirige  vers  la douche et me glisse  sous l’eau chaude, appréciant la plus  délicieuse des caresses que j’ai connues jusqu’alors.

Aucun homme  ne m’a jamais  donné  cette  sensation de  douce  euphorie, de  caresse continue  jusqu'à que je décide de la stopper, de  confort sans  limite. Aucun n’est capable de  me rendre heureuse puisqu’il part  toujours avant que je l’aie décidé.

J’attrape un treillis gris foncé ainsi qu’un haut blanc près du corps et me dirige vers la cuisine pour me préparer  à manger. J’avoue que jusque là ma  vie ne semble pas  avoir  changé mais…

-Mince…

Je  pose  ma main sur  mon front et fronce les  sourcils. Je  n’ai plus  le  couteau dont je souhaitais me servir pour couper cette fichue viande. Je respire et ferme les  yeux, je ne  sais même plus ce qui m’ennuie le plus, avoir  tué  un homme  qui de toute manière en avait fini avec  moi, ou bien avoir  abandonné mon couteau favori, qui lui ne  m’aurais jamais laissée seule, et  dont  j’ai toujours  besoin.

D’un point de vue  pratique  je crois que  c’est le  couteau…

J’écarquille les yeux  de  stupeur face  à mes  pensées. J’ai tué  un homme, et  je  ne  pense  qu’à des  choses  matérielles.

J’attrape vite mes clefs et  mon sac à main, me  maquillant  un minimum et  sors  dans  la  rue afin de  me  changer les  idées. Avant tout j’emmène ma voiture au shampouineur pour  la  nettoyer de toutes les feuilles amassées sur sa carrosserie, et par la même occasion des  quelques traces  de  sang sur la portière.

Quelques minutes plus  tard  je  m’engage dans  une  ruelle et  pénètre dans  un vieux  bar assez  sombre.

L’ambiance se  veut chaleureuse mais  l’état de la tapisserie et des sièges ne le rend que glauque.

Je  m’installe  promptement au bar, posant mon divin popotin sur  l’affreux tabouret toujours casse  pied à escalader et commande un pastis sans  un sourire  au serveur pourtant bien mignon qui semble  me faire  une  œillade complice.

Complice de  quoi ? D’avoir remarqué  qu’il était  beau ? Ca mon chou tout  le  monde  l’a remarqué.

Et  ce  que  je  remarque  aussi c’est  que  tu dois  être de  la  même  trempe  que  Jim et tous ses prédécesseurs. Les heures passent  et  j’enchaîne verre sur verre, méditant  sur mon passé, mon acte et  mon avenir. Je  l’ai tué… J’ai tué  un homme.

Non jamais cela  ne  sortira d’entre mes  lèvres, j’en fais  le  serment.

Il le  méritait.

Tu le  méritais.

Je t’aime.

Je t’aimais.

Ils le méritent.
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Article 9°  posté le jeudi 10 janvier 2008 19:30

- C’est bien lui ? Me demande le médecin légiste

- Laissez moi seul avec le corps, dis je calmement

- Très bien.

Il sort doucement se doutant sûrement de l’état de colère dans la quelle je suis. C’était donc toi enfoiré, c’est toi qui t’es fait buté comme un débutant. Je ris légèrement, puis de plus en plus, un vrai rire jaune sort de ma bouche comme si j’étais moi-même l’auteur de cet acte irréparable, je regarde à nouveau le visage de mon ami, calme serein…tu as déjà rejoins le paradis ? Un sourire niais se fige sur mon visage je pause mes bras sur ma tête et bascule mes cheveux en arrière, de lassitude je pousse un profond soupir, un soupir de trop…

- BORDEL !!

Je hurle ma haine, donnant des coups dans les casiers de la morgue, je hurle ton nom, ton visage toujours serein, est-ce que j’attends un miracle ? Je continue de crier, de frapper de refouler cette rage trop longtemps contenue trop longtemps caché ! Je hurle mon désespoir comme un loup sans sa meute. Un loup solitaire qui vient de perdre son frère, j’en pleurais presque…enculé tu t’es barré sans moi, qu’est-ce que je vais devenir moi hein ? Égoïste ! Tu me laisse seul ! POURQUOI TU TE CASSE HEIN ??? POURQUOI !! POURQUOI TU ME LAISSE SEUL ! Mon poing percutant trop fort la plaque en métal de l’un des casiers fait retentir un craquement inquiétant, doublement énerver par la douleur de ma main et celle de mon cœur qui s’égosille en moi je hurle une injure contre le seigneur ! ESPECE DE BATARD TU ME L’AS PRIS !! Mon corps s’écrase contre le mur macabre, je me laisse glisser comme anesthésier, la tête se cognant contre le métal froid fixant les lumières éblouissantes…c’est donc là haut que tu es ?

Je ferme les yeux doucement repensant à ton visage pâle, tes cheveux fin mal coiffé…tu as toujours détesté être mal coiffé. Mes mains viennent s’appuyer contre mon visage comme pour me masqué la vérité, me voilé la face me dire que Dieu ne m’a pas pris ce qui m’est le plus cher. Mes mains s’écoulent de ma peau froide comme si c’était mes larmes, mes yeux basculent à nouveau vers ce corps sans vie. Finalement tu es bien parti Jim…

Trop fier pour laisser des larmes coulés, trop froid pour témoigner la moindre peine à l’égard de mon meilleur ami je quitte la morgue simplement, plus énervé que jamais contre le monde entier. Je file dans les rues bondés de New York, je ne prête pas attention à ce qui est autour de moi la seule chose dont j’ai envie c’est de brûler cette planète ! Que tout saute et ses habitants avec ! Que tout périsse car maintenant plus rien ne compte, l’unique chose qui me rattachait à moi-même vient de s’éteindre.

J’ouvre la porte de ce vieux pub très bien fréquenté, mon lieu de prédilection préférer, mon lieu de déprime favorite.

- Je vous serre quelque chose patron ? Me demande le serveur que je connais depuis un moment

- Qu’est-ce qu’on serre à un homme qui veut oublier ? Je demande le regard assassin

- Un petit remontant pour monsieur ça marche !

Je suis le serveur des yeux qui me ramène un verre minuscule contenant une substance translucide, cette chose allait me faire oublier l’horreur que je viens de vivre en espérant qu’elle me face oublier également la douleur qui me tiraille la main droite. Comment une chose aussi futile est petite peut elle apporter à l’homme des effets étonnant ? Comment un liquide peut il influencer ma colère et mes sentiments ? Une échappatoire à la réalité, c’est tout ce que je cherche. J’ingurgite mon verre cul sec, une descente rapide dans ma gorge qui crache des flammes, le goût amer et acide de l’alcool me met la goutte à l’œil, mon nez me pique et ma tête semble s’être pris un coup de massue : j’en veux un autre.

Après une longue ligné de cette illusion je commence à avoir les paupières lourdes, ma douleur à la main m’importe peu seulement je n’ai pas oublier, je n’y arrive pas, il me manque déjà.

Je me retourne sur mon banc en cuir puant qui couine sous mon mouvement, je regarde les tables de billard puis les autres tables, ses hommes qui me répugnaient tellement deviennent tout à coup plus compréhensible moi-même je viens de céder à la tentation de la facilité et vous savez quoi ; ça me plait ! Car même si je ne fait que me ressasser son visage mort et son visage souriant ça me fait plus planer que pleurer, c’est déjà ça.

Je tourne encore la tête et voit la seule femme présente dans la salle, son regard plonger dans son verre comme si elle y voyait défiler un film, les feux éteint de ses yeux semblent hurler le dernier cri suppliant quelqu’un de l‘achever. Elle ne tient même pas compte du monde autour d’elle, elle est plongé dans ses pensés, des pensés qui semblent petit à petit lui ronger le cœur lui retirant le peu d’humanité qui lui reste. La cruauté du monde se lit sur son sourire assassiné, ses cheveux fermant le rideaux de se spectacle m’empêche de m’arrêter de la regarde. Qu’est-ce qui m’attire tant ? Le fait que tout comme moi, elle en veut au monde entier ? Que tout comme moi elle ne voit pas de but dans la vie ? Tout comme elle mes feux à moi aussi se sont éteint se matin car la seule petite étincelle qui restait à rejoins les cieux. Je me lève, une irrésistible envie de lui adresser la parole me brûle la gorge, un désir profond de me suicider avec elle me hante mais mieux, un souhait immense qu’elle me comprenne comme je l’a comprends.

- Je peux m’assoire ? Je demande d’une voix assuré

 

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Article 10°  posté le samedi 12 janvier 2008 01:15

Je  continue de vider mes  verres, lentement. Comme  une drogue douce  qui me  consume à petit  feu. D’abord l’attente. La frustration. Premier verre pas d’effet. Second verre pas d’effet.

J’entends  un homme parler  au barman derrière moi. Il vient  à peine de  rentrer, la  démarche  sûre d’elle, mais  pourtant assombrie  par quelque  lourdeur, je ne le vois pas, mais le claquement de ses chaussures sur le carrelage brisé me parvient.

Son ombre se profile sur le sol, éclairée par  un soleil froid, blanc.

Cet  homme, si je ne le savais pas aussi banal que  les  autres, je jurerai qu’il porte  le  monde, ou une grande partie sur ses épaules. Sa  voix est douce et pourtant glacée, pleine d’une douleur sourde, une douleur qu’il ne veut pas montrer, tout  comme  moi.

Qu’est-ce qu’on sert à un homme  qui veut  oublier ?

Alors c’est ça, tu veux oublier ? Crois tu que tu y arriveras un jour ? Rien ne  s’oublie, rien  ne se tasse, tout  s’écarte  pour  nous  laisser passer si on en a la force et  rejaillit à la  moindre  faiblesse.

Je suis faible, je  suis si faible.

Je n’ai pas  même  été capable de me contenir. De  contenir  la  haine, la bête, l’animal sauvage qui m’habite. J’ai tué  un homme.

Le barman passe devant moi, derrière son petit bar miteux. Je le regarde, méprisante.

-La  même  chose pour  moi.

Il me  sert sans me regarder, évitant mon regard. Enfin. Je me sens presque soulagée. Je continue d’enchaîner les verres, n’appréciant que cette sensation de m’écarter de la réalité. Les minutes passent et j’observe mes  mains.

Ces  mêmes  mains qui ont  causé la mort  d’un être  cher. Je  ris doucement. Encore  un réflexe stupide mais étonnant du genre  humain. La capacité  à se démembrer pour remettre la faute sur  une chose  extérieure à sa  conscience.

C’est moi qui l’ai tué. Moi et moi seule. Moi dans  ce  corps, avec  mes mains, mon envie, mon désir et mon amour.

Mes  yeux  s’illuminent d’une lueur de souffrance.

J’attrape un autre  verre  et  le  vide  d’un trait, puis glisse  mes  mains dans  mes cheveux, et m’accoude lourdement sur le bois vernis. Je ferme les yeux.

Le sang.

Je  r’ouvre les yeux.

Aidez moi. Je fixe les reflets du soleil dans les verres rangés sur l’étagère. Leur  lumière me transperce, aidez  moi.

Sauvez moi.

Je peux m’asseoir ?

Un ange ? Quelqu’un pour  m’aider ?

Pour  me  sortir  de  la  torpeur dans  laquelle je  suis  plongée ?

Une  voix  si douce, rassurante, assurée. Un sentiment de  bien être  me  remplis et  je tourne le regard  pour plonger dans  des  yeux  améthyste.

Un tourbillon de  nuances mauves, noires, violettes me fait oublier  un instant qui je  suis  et  ce  que  j’ai fait. Je me laisse  emporter  par ces  prunelles dévorantes, je ne  les quitte  pas  d’un centimètre. Une  impression de  déjà vu s’empare  de  moi lorsque  j’aperçois, au fond  de  ces iris sombres et  lumineux  à la  fois, la  même  flamme  qui habite  les  miens.

Celle  du désespoir.

Un mouvement me fait quitter  le  fil, et  je détaille enfin un homme d’une  vingtaine d’année, qui s’installe sur le tabouret accolé  au mien, posant doucement son verre sur le bar, le  fixant en faisant tournoyer un reste d’alcool au fond du récipient. Je n’arrive pas  à détacher  mon regard de son visage, si triste. Une  tristesse  mêlée à la force et  à la  colère.

Il lève les  yeux  vers  moi, je ne bouge pas  d’un centimètre, ne  cachant pas le fait que je l’examinais méticuleusement. Il ne  semble  pas s’en préoccuper et  me  contemple en silence.

Je  sens  son regard fiévreux parcourir mon visage, s’attardant sur mes lèvres  tremblantes d’émotion, remontant vers mes  cheveux  en pagaille. Je ne dois pas  avoir fière  allure.

Le cliquetis de verres derrière le bar me ramène une nouvelle fois  vers la réalité et je fais signe au serveur de m’amener un autre  verre. Il a cessé de  m’observer.

Etrangement, le  poids de  tous  mes  soucis retombe brusquement sur moi, me coupant le souffle, me brisant les côtes, me crevant les  poumons. Si seulement  cela  pouvait  être  réel. Si seulement  je  pouvais  mourir  et  oublier. Je trempe  mon doigt dans  mon verre et  le  porte  à ma  bouche. Un sentiment de bien être  m’envahis à nouveau.

Non pas  les  effets de l’alcool. Mon geste assez  peu orthodoxe a attiré son regard et  je  me  sens  à nouveau enveloppée de cette  chaleur. Nous  sommes  pareils  lui et  moi.

Brisés jusqu'à l’âme.

Je ne  le  connais  pas, et nous  n’avons  échangé aucune parole constructive  jusqu’alors. Mais  si je connaissais la personne qui a rendu cet homme  aussi malheureux et aussi sensible au mal…

 

 

Je le tuerais.
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