Accueil Date de création : 03/01/08 Dernière mise à jour : 07/04/08 21:52 / 39 articles publiés
 

Article 11°  posté le samedi 12 janvier 2008 02:21

Elle ne fait rien, un simple regard, un appel au secours. Elle me regarde mais ne prononce pas même une parole ses yeux en disent déjà assez. Quel mal peut il faire autant de dégât ? Qui a bien put la détruire jusqu’à son entre ?

Je m’assois prenant son regard analyste pour un oui, elle baisse lentement sa tête vers son verre vide et recommande un nouveau verre. Je n’arrive pas à détourner mon regard pourtant j’aimerai tellement, céder à la tentation de cette manière ne met jamais arriver, j’ai l’impression de voir mon reflet : oui le reflet de mon âme. Les traits fins de son visage sont lasserés par des plis de fatigue, ses yeux vert entourer d’une rougeur qui montre qu’elle n’a pas assez dormi et trop pleurer.
Elle me fait penser à un animal apeurer, ses cheveux en pagaille lui donne un air sauvage mais son comportement renfermer montre qu’elle a souffert…vraiment souffert.

Pourquoi ? J’essaye de comprendre pourquoi ! Pourquoi est-ce qu’elle pleure en silence ? Pourquoi est-ce qu’elle ne hurle pas son désespoir ? Qu’est-ce qui pousse les gens hiberner dans leur cœur ? Bon d’accord je ne suis pas forcément bien placé pour parler, mais en la comprenant c’est à moi que j’essaye de posé la question. Suis-je un monstre ? Ai-je un cœur ? Pourquoi est-ce que je n’arrive pas à pleurer ?

J’aimerai qu’elle pleure.

J’aimerai qu’elle pleure pour moi, j’aimerai qu’elle hurle à la mort qu’elle implore celle-ci de la tuer, j’aimerai qu’elle s’écroule sous le poids de la peine…j’aimerai qu’elle fasse ce que je devrai faire, ce qui il est normale de faire mais elle ne le fera pas. Ses petits pupilles s’assombrissent de minute en minute, s’accroche-t-elle ? Ou est-ce qu’elle accepte de sombre dans le néant ?

Que fais tu maintenant ? Que vas-tu faire ? Que vais-je faire ? Mourir à petit feu comme toi ? Alors faisons le ensemble.

J’ai tout perdu, même ma lucidité, ma raison, ma logique ! J’ai tout perdu, ma conscience, mon humanité, mes sentiments.

Je me suis perdu.

En tuant mon frère c’est moi qu’on enterre, c’est moi qu’on ferme dans un cercueil ! Un cercueil que j’ai construit de mes mains ce n’est pas la faute de l’assassin mais bien la mienne. Je n’ai pas été là quand il fallait, je ne serai plus là enfin…il ne sera plus là. J’aurai aimer lui dire combien il était important même si je ne l’aurai pas fait. Ma fierté me dépasse, elle dépasse même ma tristesse, ma fierté me pourrit et me ronge pour me rendre vil et malsain.

Tout ce qui compte maintenant c’est que plus rien n’a d’importance et que tout est éphémère, mourrons ensemble ! Enterrons notre fardeau, je t’en pire creuse avec moi…je ne veux pas partir seul…je l’ai trop été.

Je me retourne vers elle et remarque sa soudaine contemplation de son illusoire en verre, elle trempe son index à l’intérieur et l’apporte à la bouche. Ses lèvres fines serrent délicatement son doigts laissant une traîner humide reflété par les lumières ternes du bar, je déglutis difficilement. On ne peut pas dire qu’elle ne me fait aucun effet ! En plus d’être terriblement attirante elle me déboussole…est-ce de la provoque ? Est-ce une invention à danser la danse macabre ? Ses yeux se ferment de plaisir sentant le bien être de l’alcool l’envahir, elle se saoul pour se faire du mal…

Il y a des moyens plus efficaces pour ça.

Je frappe brusquement le verre sur la table, descend rapidement du banc grinçant, remet ma veste correctement, lui tourne le dos et vais pour m’en aller.

- Il n’y a pas de solution, dis je sans même me retourner

Je ne l’entends pas pourtant je suis sûr qu’elle m’écoute et qu’elle se demande ce qui me prend.

- Le monde et pourrit et nous sommes tous pourrit…on finira bien par crever vous comme moi espérons seulement que la mort nous entende, dis je doucement juste assez pour qu’elle m’entende

Je me retourne, elle me regarde les yeux vidés de tout sentiment mais un léger sourire mélancolique apparaît sur son visage rougis par l’alcool. Elle se lève à son tour et s’approche doucement de moi, je ne fais rien, je ne bouge pas, je ne peux pas…je n’attends que ça ! Elle s’approche de mon oreille à une lenteur calculé et me susurre

- Personne ne m’entend…

Elle se redresse et garde son petit sourire qui me serre la poitrine, quelque chose me bloque le dos comme si le poids de mes brique continuait d’augmenter.

- Je vous entends, dis je à mon tour

Elle ne cesse de sourire, je peux apercevoir une faible lueur dans ses yeux comme si elle était heureuse qu’enfin quelqu’un l’entende vraiment. Elle semblait attendre que je lui tende la main et c’est ce que j’ai fait…j’ai tendu ma main. Si tu tiens à sombrer belle inconnue emporte moi avec toi.

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Article 12°  posté le dimanche 13 janvier 2008 22:58

Je suis aveuglement cet inconnu.

Une  partie de moi, une  infime partie de  mon être  me crie que je suis  idiote, inconsciente, totalement stupide. Je lui donne raison, mais je le suivrais tout de même.

J’ai attrapé sa main au vol lors  de  notre sortie du pub, depuis je ne la lâche plus, elle  est chaude, pas la chaleur moite que  l’on sent lorsqu’on touche  une personne stressée, pas  non plus  la main rugueuse et sèche d’un homme qui travaille en extérieur.

Elle  est ferme, douce et forte, chaude et apaisante. Rien que  sa  proximité  m’apaise, le toucher encore  plus.

Je serre doucement mes doigts autour de sa main et le regarde, il semble  tout  aussi perdu et  déboussolé que  moi. Nous  marchons  le  long  des rues, bravant la foule du regard, traversant ce monde trop actif au pas de  course. Je ne sais pas ou nous  allons, lui non plus  apparemment.

Au fur et  à mesure  que nous avançons  vers  les  vieux quartiers l’air semble enfin se  faire  pur dans mes  poumons, j’inspire profondément et me tourne vers lui, nous  nous arrêtons au sur  un coin de  rue. Ici il y a  peu de  trafic, nous  sommes  dans la vieille banlieue, la partie laissée à l’abandon en quelques  sortes.

Je connais ces rues et mon regard glisse de maison en maison. Je connais ce quartier.

J’y ai vécu mon enfance.

Je lève les  yeux  vers lui et m’avance d’un pas, réduisant à néant la distance entre nos corps. Sa veste me frôle le ventre et je me penche une nouvelle fois vers lui effleurant son oreille de mes lèvres et murmurant d’une voix brisée :

-Merci.

Il se recule légèrement et m’observe

Merci à toi…

Je lui souris :

-Tu ne sais même pas de quoi je parle.

Il semble  ouvrir les  lèvres  pour  me répondre, mais  je  le  tire  par  la  main, et  l’emmène de rues en ruelles, toutes plus  étroites les  unes  que  les autres. Quelques  personnes  sont dans ces  rues, pour  la  majorité des jeunes.

Je passe  à côté d’eux  sans crainte, je suis née  ici, je  connais leurs mères même s’ils  l’ignorent. Pourtant leurs regards glissent sur nous avec  surprise.

Pour moi je  comprend, je dois avoir  l’air  d’une folle  en fuite, les  yeux  brillants, cernés  de  noir, traînant un homme derrière moi. Mais  lui, il est bien habillé, décontracté sans avoir l’air débraillé, bien coiffé, bien rasé, simplement l’air fatigué. Pourtant j’ai l’impression que certains jeunes reculent ou se  lancent des regards étranges sur  son passage. Tant  pis je  me  poserai des  questions plus  tard.

J’arrive  enfin à la  vieille  porte  de  bois complètement défoncée. A mon époque il n’y avait que le verrou qui pendait, là c’est toute la porte qui joue la bascule, retenue que par le gong du bas, les planches craquées par nombre d’endroits.

Nous  pénétrons dans la bâtisse délabrée, et  je l’entraîne  dans  l’obscurité en jetant  un dernier coup d’œil à ses yeux.

Je  vois dans  son regard qu’il se  demande  ce  que  je  compte  faire  de  lui. J’évite les  capotes usagées et enjambe les canettes de bière avant de commencer  à monter l’escalier de  bois.

Certaines  marches sont  éclatées, et  toujours  en silence  je le guide, posant ma main sur  son torse  pour  le  retenir  lorsqu’il s’apprête à poser le  pied sur  une mauvaise  marche. Mes doigts s’appuient sur le tissu, glissant sur sa peau juste en dessous.

Ce  contact m’électrise et si je  pouvais, je  crois que  je  monterai des escaliers  toute  ma vie rien que  pour pouvoir encore le  toucher. Je  m’essouffle rapidement, ma respiration se  fait rauque, et  dans  le  silence  de la demeure sombre et vide, elle  ne fait que résonner.

Je me tourne vers  lui et  lui adresse  un sourire les  lèvres entre ouvertes, je vois qu’il les  fixe et reprend ma montée pour enfin arriver à une  échelle de métal.

Nous  nous  immobilisons tous deux  au pied, et  il s’approche  doucement  de moi, je  sens sa main effleurer ma taille, ses  yeux  sont  brillants et  il s’approche de  moi.

A cet  instant  la partie de moi qui a  été blessée et  qui, désormais, est plus  méfiante que jamais ressort, et  je  recule vivement  d’un pas. La panique dans le regard. Je murmure :

-Pas  toi…

Non pas  lui, faites  qu’il ne fasse pas  comme  Jim, je ne veux pas lui faire  du mal. Je ne veux pas  souffrir  à nouveau.

Sans  l’attendre je grimpe  à toute  vitesse l’échelle rouillée aux  barreaux  manquants, et  jaillis  sur  le  toit  de  l’immeuble  comme  une furie. Une rafale de vent me fouette le visage, repoussant mes  cheveux en arrière, rafraîchissant mes joues en feu.

J’inspire  à nouveau calmement, son contact me  manque et  m’effraie  à la  fois. Je l’entends monter derrière  moi, il est encore  là. Il ne  me  laisse  pas  seule.

 J’avance doucement vers  le rebord et plante une fois de plus mes ongles dans  le dernier bout de rambarde de bois encore dressé. Je baisse les yeux vers mes mains et contemple les dizaines de traces d’ongles taillées dans le bois humide.

Chaque fois qu’on m’a fait du mal je  suis venue… Vingt trois fois en tout. C’est la  première fois  que  je  suis  accompagnée.

Je me retourne vers  lui et  lui prends la main avec  un sourire  d’excuse  pour  mon comportement précédent. Il me  suis calmement jusqu'au rebord de  l’immeuble, je le sens se raidir.

Sa main oppose  une  résistance  à me  suivre. Ses  yeux  lancent des éclairs, il a  peur que je saute.

Je m’avance vers  lui, dépose  un baiser sur sa joue et l’entraîne à nouveau vers le bord avant de  m’asseoir sur la pierre chauffée par le soleil, les  pieds dans le vide et les cheveux dans le vent.

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Article 13°  posté le lundi 14 janvier 2008 01:22

Elle s’est arrêtée, devant une échelle complètement usée par la rouille, des barreaux manquant, rien de très solide. Elle plante son regard dans le mien, ses yeux tremblant me supplient de ne pas la laissé seule elle me supplie de tout faire pour la sortir du gouffre dans la quelle elle s’est laissée tomber. Je m’approche lentement, tentant de la prendre dans mes bras, j’avais l’impression qu’elle avait besoin de contact mais en fin de compte c’était tout le contraire. Elle me repousse brusquement les yeux apeurés, ce n’est pas moi qu’elle regarde. C’est le visage de son criminel qui l’a hante, le visage de celui qui l’a détruite…qui l’a poussé dans le gouffre. Je me mords la lèvre inférieur de regret, pourquoi j’ai fait ça ?

- Pas toi…, elle murmure

Sans même que je puisse m’expliquer elle gravi l’échelle rapidement semblant avoir l’habitude de le faire. J’ai l’impression qu’elle a l’habitude de venir ici, une habitude assez touchante se rattacher ainsi à des souvenirs ou des sortes de thérapies pour se calmer fait très « petite fille ». Je souri et monte à mon tour plus méfiant de la fiabilité de cette vieille échelle.

Les rayons du soleil m’éblouissent, mes yeux torturés par des nuits blanches et interminable cris leur mal en faisant jaillir quelques gouttes. Je les essuie d’un revers de manche pour la voir là, prêt du bord, les mains totalement crispé sur le bois.

Je ne la laisserai pas seule car ça signifierai que c’est moi aussi que j’abandonne. Je ne laisserai plus personne seule, elle hérite de la corde qui me tient à la vie. J’ai la sensation qui si je venais à ne plus jamais la revoir…je perdrai tout espoir. Elle est mon seul espoir comme je suis le sien, son seul recourt pour crier son SOS, le résultat d’un long moment de solitude et d’incompréhension.

J’aimerai qu’elle me parle, j’aimerai m’excuser pour ce que j’ai fait. M’excuser d’être un homme, m’excuser de ne pas être à la hauteur. M’excuser d’être un « ange gardien » déchus.

Elle se retourne souriante, s’approche doucement et me prend la main avec autant de délicatesse que dans la rue, comme si elle était fragile ou précieuse, comme si elle avait peur de me casser…

Belle et fragile.

Elle me guide à pas lent vers le bord, je la suis doucement que voulait elle me montrer ? Tout d’un coup l’idée même qu’elle veuille quitter ce monde me frappe ! Je retire ma main comme si elle piquait, je retire ma main pour l’empêcher de continuer ! Ne sachant pas lui lancer un regard suppliant c’est un regard noire plein de déception qu’elle reçoit de plein fouet. Je refuse qu’elle s’en aille, je refuse qu’elle me laisse ! Je lui en veux de vouloir partir, je lui en veux ! Pourquoi hein ? Pourquoi vous voulez tous me quitter ? Suis-je si mauvais ? Suis-je condamné à vivre seul pour le restant de mes jours arrêter des petits criminel amateur ou chercher désespérément celui qui m’a voler mon meilleur ami ? Même si je connais très bien le coupable…je suis le coupable de mon propre malheur. Pourquoi cherchez vous à me détruire ?

C’est doux, c’est chaud. Elle me dépose un baiser tendre sur la joue, ce baiser me caressa la peau en éparpillant des sortes d’ondes dans tout mon corps, tel un cailloux que jetterai dans un lac faisant remuer l’eau ; c’est mon cœur qu’elle remue, qu’elle réveille, qu’elle réchauffe. Un cœur trop longtemps rester debout dans les neiges éternelles de mon âme trahis. Elle me prend la main et me sourit à nouveau, tous mes muscles qui s’étaient crispés peu avant se détendent.

Je te fais confiance, ne me trahis pas.

Elle s’assoit sur le rebord, le regard vers l’horizon, les pied dans le vide, ses cheveux brun ne faisant qu’un avec le vent frais. Je m’assois à mon tour avec précaution, je continu de la fixer, son sourire ne s’est pas éteint. Que cherches tu dans l’horizon ? Un avenir ?

Je regarde à mon tour le soleil frappant de plein fouet toute la ville, les nuages disparaissent petit à petit laissant entrer un nouveau souffle, un nouvel avenir qui comble mon cœur d’un morceau d’espoir et de rêve.

Elle était mon sauveur et deviendra certainement une drogue.

- Je viens ici souvent…ça m’aide à me calmer. Dit elle d’une voix douce mais cassé par ses anciens sanglots

- C’est une belle vue. Je dis simplement

Je la vois fermer les yeux appréciant la chaleur du soleil sur son visage, s’entend que peut être enfin les choses allaient changer. Mes yeux s’abaissent vers sa petite main fine et élégante poser sur la pierre tiède, une main laiteuse faisant ressortir son air angélique, j’approche la mienne doucement. Mon petit doigt frôle le sien, le caressant à peine et recule de peur qu’elle réagisse comme tout à l’heure, je lève les yeux, pas de réaction alors je continu l’approche. J’ai l’air d’un ados à son premier rendez-vous que c’est pathétique !

Je pose mon petit doigt sur le sien, puis laisse ma main se poser totalement sur la sienne doucement essayant de passé mes doigts entre les siens, elle cède le passage. Je relève les yeux, j’ai jamais été aussi gêné ! Je rougis légèrement, elle sourit encore plus et semble presque amusé par la situation, de honte je regarde à nouveau le soleil essayant de caché ma gêne. Je laisse ma main et elle ne bouge pas la sienne, je sens son regard posé sur moi, ses yeux émeraudes me dévisagent. Elle s’approche brusquement et dépose un baiser chaste sur mes joues en feux, ce qui ne fait qu’accentué mon malaise. Je la regarde du coin de l’œil pour enfin me tourner totalement vers son visage rayonnant.

Est-ce que le simple fait que je lui ai pris la main lui fait du bien ? En tout cas moi ça me rend…heureux.

Heureux d’être prêt d’elle j’aimerai que cette journée ne se termine jamais…mais toutes les bonnes choses ont une fin et c’est son petits corps posé contre mon torse, endossé au muret plus loin qu’elle regarde avec moi le soleil se coucher.

Une journée de confession silencieuse, une journée de réconfort. Je sens son corps s’alourdir, son âme meurtris, trahis, assassinée ! S‘est risqué à me faire confiance en se reposant contre mon cœur battant mais par respect je ne l’ai pas entouré de mes bras, elle n’en avait pas besoin tout ce qu’elle voulait ce qu’elle puisse se reposer sur moi quelques minutes, elle voulait juste une présence pour ne pas se sentir seule. Je me contente de la regarder, ses yeux clos, le visage serein, ses petits poings comme un bébé. Elle se laisse aller dans un sommeil profond et sans rêves.

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Article 14°  posté le mardi 15 janvier 2008 21:20

J’ouvre les yeux, le ciel est noir.

Enfin noir. Noir  de  ville. Donc  brun orangé avec  des  tons rouges. Couleur  pollution.

Je sens ses mains si douces  caresser mes cheveux emmêlés, moi qui suis  habituellement  impeccable sur moi, j’en ai presque honte. Un geste  doux, tendre, régulier, sa main  passe de mon front  à mon cou, doucement, effleurant ma peau qui frissonne  sous  ses caresses.

Je suis allongée sur le rebord de  l’immeuble, la tête sur ses  genoux. Je ne me souviens pas avoir bougé pourtant.

Devant moi des  dizaines d’immeubles, des rues  éclairées, des voitures et des passants pressés. Et  nous  sommes  là, installés  en haut  de  cet  immeuble  comme  si le temps autour de  nous  s’était  arrêté. Comme  si nous  étions dans bulle, séparée  de  la  réalité  par notre  volonté et notre désespoir.

Son autre  main est posée  sur  ma  hanche, comme  une  ceinture de  sécurité  au cas  ou je  bougerais trop.

 

Je  me  retourne  doucement, le  dos  collé  aux  pierres encore  tièdes, la tête  toujours  sur  ses  genoux. Je  lui souris.

Il me  rend  tendrement  mon sourire et  je  lève la main pour  effleurer son visage. Si doux, si triste. Il penche  légèrement  la  tête en avant pour  que  je  puisse  toucher  tout  son visage.

Mes doigts défilent sur ses  paupières, caressent ses joues, glissent sur l’arrête de sa mâchoire. Nous  nous contemplons ainsi quelques minutes  puis  je  murmure :

-Je me suis  endormie je  crois… (*)

Il sourit  à nouveau :

-Je m’en suis aperçu.

A cet  instant  je  me  sens stupide, mais  je ris doucement et  me redresse. Glissant  ma  main dans  la sienne. Je  rougis  à ce  geste, ce  n’est pas  que  je  sois  forcément  timide, mais  je  ne  le connais  pas. A part  le fait  que  lui soit  avec  moi, et  que  lui ne m’abandonne pas je ne  sais  rien de  lui.

Il se  tourne  vers  moi et  nous  nous  fixons  longuement, détaillant  nos visages  comme si nous  n’allions  jamais  les revoir. Mais  moi je  ne  veux même pas  le  quitter. Je veux croire  qu’il est différent. Différent des  autres.

Mais une  partie de mon esprit  me  hurle  que les  seuls  hommes  différents envers les femmes  sont gays.

 

Au loin des  sirènes  d’ambulances et de police retentissent. Tout  ce  petit  monde est  en pagaille. Tout  ce  monde  est trop serré, trop dense, trop sérieux, trop à cheval sur les règles.

La  preuve, pour  avoir  un minimum d’intimité il faut  se  réfugier sur  le  toit  d’un immeuble. Et  encore, les  étages inférieurs sont des  squats. Le  silence qui était  installé  entre nous devient doucement pesant.

Chacun de  nous  se  pose des  questions sur  l’autre, mais  je sens  que  nous avons  la  même  peur l’un que l’autre.

La  peur  de  perdre l’autre. Pourtant  il faudra  bien passer le cap de  l’anonymat  un jour… Mais que  puis-je  lui demander ? Je  respire calmement, tentant de calmer mon cœur qui s’emballe  dans  ma  poitrine au fur  et  à mesure  que le silence se  prolonge.

J’ai peur  qu’il s’ennuie  avec  moi.

Pose  une question vite ! N’importe  quoi ! Allez  ma  grande  tu peux  le  faire !

Vous…Vous… Heu.

Il tourne un visage  intrigué vers  moi, je  grimace  de  ma  propre  bêtise, de  mon vouvoiement soudain et  murmure :

-Pourquoi ?...

Il a  compris que  je  venait de lui demander  sans  aucun tact, sans  aucune  pudeur  ni préparation la  raison de sa  présence  ici, et de  son humeur. Il baisse  les  yeux,  peiné.

C’est un peu tôt je crois… Trop frais  pour  en parler.

Je  me  sens  stupide, plus  que  stupide. Totalement nulle. Le pauvre, il passait  un moment  loin de  tout  et  je  lui rappelle ses mauvais moments…

 -Hum pardon… Excusez moi je ne pensais pas à grand-chose…

-Et  vous ?

–Moi ?

–Oui vous il n’y  a personne  d’autre ici.

–Ha…

« Ha » Quelle réponse. Je me félicite mentalement et  pose  ma  main sur mon front de fatigue.

Je… C’est  compliqué… Peine de cœur on va  dire…

-Votre petit ami ?

–Ex petit ami oui… Avez  vous quelqu’un dans  votre  vie ?

Je demande  cela  uniquement  pour  changer de  sujet, car je sens que s’il me  demandait  quoi que  ce  soit  je  n’arriverais  pas à mentir. Du moins pas  pour  l’instant. Il baisse  les  yeux, gêné à nouveau et semble  hésiter.

 –Moi… Heum… En bref  je  ne  suis  pas  du genre  à me  mettre  en couple. Je…

Ces  mots me  figent.

 

Pas  lui…

 

Mes  yeux me brûlent et  ma  main me  pique, je  la  retire  brutalement des siennes, me  redresse vivement et recule, les  pieds  à quelques  centimètres du bord. Il me regarde :

-Attention !

Je me moque de  son avertissement et le fixe.

Vous n’êtes  qu’un monstre comme les  autres. Une plaie, une  horreur !

Ses  yeux s’agrandissent d’effroi à mes  mots, il tend  la  main vers  moi et entre  ouvre les  lèvres, puis les  referme, n’ayant apparemment rien à ajouter.

Son regard se  refroidit instantanément. Il ne  bouge  plus.

Et  je  m’enfuis dans  la nuit, laissant là mon prince  charmant d’un jour.

Ma merveille  d’une  journée qui s’abîme  la  nuit  venue, qui révèle  sa vraie nature.

 

(*) On observera que  mes  persos ont  toujours l'air  cons. Aussi bien en mode "Romantique" (ici) qu'en mode  "drole" (ex: Tom dans Délires). Mais  heureusement, Danouch est là pour  remonter  le  niveau

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Article 15°  posté le mardi 15 janvier 2008 22:40

- Pourquoi ?… Elle me murmure

Elle prononça cette question comme une peine, comme si elle ressentait ce qu’au fond de moi j’essayais d’enterrer. Elle le crache comme une vérité dure, une vérité dont je ne suis pas encore capable de dire.

- C’est un peu tôt je crois…trop frais pour en parler.

Mes yeux s’assombrissent revoyant le sourire si rayonnant de Jim, cet être qui est parti maintenant me laissant seul maître de mon destin.

- Hum pardon…Excusez moi je ne pensais pas à grand-chose…

Elle semble gênée, mal à l’aise par rapport à sa question. Je ne lui en veux pas, il est normal qu’elle se la pose comme je ne cesse d’injurier celui qui lui a brisé ses rêves ! Espérant de tout mon cœur qu’il subisse autant qu’elle.

- Et vous ?

Je demande plus docilement, peut être est-ce assez osé après ce que je viens de lui dire mais après tout j’aimerai aussi comprendre.

- Moi ?

- Oui il n’y a personne d’autre ici.

- Ha…

Elle ferme les yeux et pose sa main sur son front, elle n’est pas encore totalement réveillée ou bien alors elle se rappelle de mauvais souvenirs, ce n’est peut être pas une bonne idée de lui fait revivre cet enfer.

- Je…C’est compliqué…Une peine de cœur on va dire…

- Votre petit ami ?

- Ex petit ami oui…Avez-vous quelqu’un dans votre vie ? Dit elle soudainement

J’avais bel et bien peur de cette question. Que dois je répondre ? Que j’ai toujours été un vrai salaud avec les femmes ?

Que depuis que l’une d’entre elles dont  j'étais amoureux m’a trompé dans mon propre lit, je suis un vrai connard et que cette haine que j’ai ressenti ce jour là je la reporte sur toute la gente féminine ?

Qu’aujourd’hui j’ai peur de la perdre, qu’aujourd’hui je n’ai plus personne et qu’elle ma déjà rendu dépendant…que j’ai peur de la faire fuir…j’ai peur de ne plus jamais la revoir…que maintenant je regrette d’être si rancunier…Que dois je dire ?

Je ravale ma salive difficilement, quelqu’un à dit un jour que la vérité est dure à entendre mais nécessaire, si j’espère ne serai-ce que la revoir autant que je ne commence pas à lui mentir maintenant.

- Moi…Heum…En bref je ne suis pas du genre à me mettre en couple. Je…

Je vois ses yeux s’écarquiller, elle devient toute blanche, je sens d’abord sa main se resserrer sur la mienne puis la lâcher brusquement. Ses yeux sont remplis de larmes. Je me sens mal tout à coup…j’ai peur. Je vais pour m’excuser mais elle se lève soudainement comme répugnée, écoeurée, elle regarde comme un insecte, un assassin, elle voit en moi le visage de celui qui l’a meurtrie…

Elle recule, encore, encore…

- Attention !

Elle s’approche du bord, mon cœur palpite, j’ai peur non pitié pas ça ! Faites qu’elle n’y pense même pas ! Ne lui donnez pas le courage de sauter je vous en prie !

- Vous n’êtes qu’un monstre comme les autres. Une plaie, une horreur !

Un bruit sourd raisonne en moi. Est-ce mon vase qui s’est brisé ? Mon âme encore plus humiliée, où la certitude que je l’ai perdue ? Mon dernier espoir qui sombre qui s’éteint, me laisse perplexe face à ses propos qui me poignardent au plus profond de mon être. Mes larmes se bloquent arrivés à ma poitrine me pressant la cage thoracique, mes yeux n’arrivent plus à suivrent. Elle s’en va. Je suis seul. Elle part. Je suis seul.
Elle n’est plus là.

Je ne sais combien de temps je suis resté là debout, attendant que mon esprit reprenne le contrôle, je me dirige comme un automate vers l’extérieur faisant bien attention de ne pas recroisé les petits jeunes qui me connaissent tous.

Je marche jusqu’à ma voiture qui était devant le café, j’aurai espéré qu’elle y soit encore et c’est dans un élan désespéré que je regarde le tabouret vide du bar sur lequel elle s’engouffrait.

Je l’ai perdue.

Je rentre chez moi le regard vide d’émotion, je ne vois même plus la route. Mes yeux me piquent mais je ne pleurerai pas…je ne pleurerai pas…

Finalement je m’arrête devant le commissariat, pour me consoler je vais reprendre l’affaire que j’ai laissé en cours. Retrouver l’enflure qui à tué mon meilleur reste ma priorité, même si cette fille hante mon esprit. Je ne sais même pas comment elle s’appelle…que je suis pathétique.

- Inspecteur ! Dit Carlos en rentrant

- Oui.

- Voilà les listes d’appels, les récentes disputes, les conquêtes tout sur votre…enfin la victime. Dit il un peu gêné

- Merci.

Il referme la porte en partant m’adressant un regard plein de réconfort ! Mais qu’est-ce que j’en ai à foutre ! Je ne veux voir personne.

Je veux juste la voir elle…

Qu’est-ce que j’ai fait mon Dieu ? Pourquoi vous ne m’avez pas tué moi !

Je rentre ma tête dans mes bras cachant la honte et la peine que je ressens, une peine qui me frappe depuis ce matin et qui ne cesse de continuer, qui risque de me tuer…me pousser au suicide.

Non…je n’en ai jamais été capable c’est pas aujourd’hui que ça viendra. Je regarde les numéros, ce sont tous ceux de sa boîte, ses amis, sa petite amie que j’ai déjà interroger mais c’est tout, pas même une piste ! Bordel avant de partir t’aurai put écrire le nom de ton assassin.

J’attrape brutalement le rapport des interrogatoires, je dois encore interroger ses parents et ses ennemis peu nombreux à ce que je vois. Je ne sais pas si un jour j’arriverai à retrouver le criminel mais en tout cas, tout ce que je peux dire c’est qu’il a de la chance. Être débutant et réussir à le faire sans donner aucune piste c’est assez rare.

Je jette les rapports d’énervement, je ne suis vraiment pas d’humeur à regarder ses fichus papiers qui me rendent malade ! Ces papiers qui me montrent que je ne suis qu’un simple flic venant de perdre son meilleur ami par un abruti complètement à la masse assoiffé de vengeance. Ni préparé, ni vu, ni entendu !

Il doit être vraiment discret pour ne rien avoir sur lui. J’ai déjà pensé aux diverses filles qu’il a envoyé promener mais personne ne sait rien sur elle mis à part que certaines le harcelaient, la dernière en date était une cruche d’après sa petite amie. Il la trompait déjà avec celle qu’il avait de son vivant.

Une pauvre fille naïve, oui, qui tombe sur des salopards comme moi…

Son sourire.

Je revois encore son sourire doux, sa main me caresser la joue, un geste si innocent et si tendre ! J’en avais besoin et la voilà loin ! BORDEL ! Je frappe d’un coup pied violent mon bureau en bois qui bascule renversant tous les papiers avec s’étalant par terre. J’ai l’impression de n’avoir fait qu’enfoncer ce putain de couteau encore plus profond dans son cœur ! Je me répugne moi-même.

Je ferais mieux de me pendre pendant qu’il est encore temps.

- Inspecteur ! Carlos me tapa  légèrement le bras

- Hein ? Dis je à moitié réveillé

- Monsieur vous vous êtes endormi il est déjà dix heures…, il me dit un peu inquiet

- Ah…

Je me redresse, baille un bon coup, étire mes bras et me frotte le visage rapidement. Je regarde Carlos qui est consterné par le carnage dans mon bureau, je lui somme de partir du regard, il s’exécute de peur que je m’ énerve contre lui.

Je changerai jamais de tactique.

Je remet mon bureau debout et enfile ma veste pour sortir prendre un café et l’air pur. Aujourd’hui je m’occupe d’interrogatoire je dois être au meilleur de ma forme, même si je suis assez impressionnant par mon caractère très démarqué ils n’avouent pas aussi vite que ce que je voudrais.

Je sors une cigarette de ma poche, ça fait bien longtemps que je n’ai pas fumer ma petite nicotine si indispensable d’habitude. Je tourne les yeux et vois un couple se disputer prêt d’un banc, la fille lui tourne soudainement le dos. Le garçon semble désemparé, il se met à genoux lui demande pardon dans la plus belle des façons. Il lui sort la fameuse petite boite.

- Pff…,je soupire

Je me remet à penser à elle.

Seras tu sur ce toit ce soir ? J’aimerai tant.

Je sais que tu y sera. J’aimerai tant.

Même si tu ne veux plus me voir j’aimerai juste te voir en secret, comme si tu étais inaccessible, j’aimerai juste te protéger de loin, je voudrai revoir ton visage lorsque que tu scrutes l ‘horizon et que ton cœur semble apaisé.

Juste de revoir encore une fois.

 

 

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