« Je du recommencer une bonne dizaine de fois la lettre avant d’avoir trouvé la bonne façon de m'exprimer. Les bonnes paroles. Ce que je voulais vraiment que tu saches.
Ça pourrait se résumer en quelques mots comme : haine, rage, folie, démence.
Finalement je préfère la jouer subtile et t’écrire une belle lettre pour exprimer tout ce que je ressens, et ai ressenti pour toi.
Qui sait ?
Tu t’en doutes et j’imagine déjà que tu te tiens la bouche entre ouverte avec un air stupéfait, le cœur battant à toute allure parce que tu as peur que je te retrouve.
N’ai crainte mon amour.
Je sais déjà où tu es.
Tu as fait de moi ce que je suis maintenant, faut croire que toi tu vis tranquillement et que chaque dimanche tu vas à l’église priant pour moi ou alors tu cherches la rédemption car tu n’as plus jamais eut le besoin de tuer qui que ce soit ! Je t’envie mon amour tu ne fais plus de cauchemar et tu penses à moi avec ton sourire d’ange. Je t’envie tellement…
Malgré cette douleur qui me ronge encore le cœur, me vide de tout sentiment et me rend tellement cruel que de voir ton sang couler me ferai presque fantasmer.
Je crève d'envie de te voir me supplier, les yeux larmoyants, la gorge offerte, tes belles mains en sang à force de m'avoir griffé en te débattant tandis que je te torture, encore et encore. Déchiquetant chaque parcelle de ton corps que j'ai tant aimé. Maltraitant ton corps comme tu as maltraité mon âme, le rouant de coups, pour ensuite lui faire l'amour, avant de reprendre mes sévices. Chaque nuit je revois nos ébats, nos bons moments passés ensemble, les mots doux que nous nous sommes chuchoté à l'oreille après l'amour. Tant de promesses encore et encore, tant de mensonges éhontés.
Une fois tous revenus à ma mémoire viennent tous les instruments de torture que j'utiliserais sur toi... Toutes les brûlures au feu ou à l'acide, les plaies, déchirures puis soins précaires avant de recommencer.
Je ne sais si l'envie de te tuer sera trop forte, et si je te tuerais d'un coup, fracassant ton si joli visage sur le premier meuble ou mur qui passera, ou si j'arriverais à me retenir, et te garderais envie pour te voir souffrir autant que je souffre et que j'ai souffert.
Ah mon amour, tu m'as tué te rends tu compte? Tu as enfoncé cette lame dans mon corps et m'a laissé pour mort. Malgré tout ça, je t’aime. Si tu savais comme je t’aime !
Je n’ai jamais cesser de t’aimer ! Et ne fais pas attention à ces quelques tâches sur le papier, mes émotions ne sont pas toutes brûlées dans ma rage. Malheureusement oui! Je suis resté un éternel altruiste ! Pensant que comme toi un jour je pourrais redevenir quelqu’un.
Aurais-je droit à la rédemption moi aussi ?
Je caresse un doux rêve, j’hésite entre te trancher la gorge ou venir t’embrasser comme si c’était la première fois. Finalement six mois n’ont rien changé, tu es toujours aussi belle, je suis toujours aussi mal et mon cœur est toujours réduit à néant.
Je n'ai de notre dernière entrevue qu'une légère cicatrice qui réclame réparation. Pourrais-je un jour la faire taire ? Ou devrais-je céder à son désir de cicatriser par tes larmes ?
C’est horrible cette sensation de trahison, cette sensation de mal être et de culpabilité, c’est comme si on t’ouvrait la poitrine de la manière la plus lente, que l'on arrachait ton cœur doucement, qu’on y plantait ses doigts, qu’on le griffait, qu’on le piétinait pour enfin le brûler à petit feu.
A la fin il n'en reste que des cendres.
Sur ces divagations je te laisse mon cœur, retiens les informations principales :
Je t’aime,
et je te hais plus que la mort ne m’est offerte.
Bisous des îles.
PS : Ne dors que d’un œil…


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